Ces exigences légitimes et vitales pour protéger le monde du travail
des effets dévastateurs d’une crise dont il n’est en rien responsable ne
pourront être conquises que par un mouvement social et politique de
masse qui, inévitablement, posera la question de qui dirige la société
au nom de quels intérêts.
Les intérêts des travailleurs sont antagonistes de ceux de la
minorité qui aujourd’hui tient entre ses mains le pouvoir économique,
financier, politique, qui contrôle tous les principaux moyens
d’information.
L’évolution du capitalisme ne marie pas harmonieusement démocratie et marché comme nous le vantent tant
d’idéologues libéraux. En Chine, la croissance capitaliste s’accompagne
d’une dictature maintenue d’un parti-État qui n’a de communiste que le
nom. Ailleurs, la démocratie politique recule au même rythme que le
démantèlement des acquis sociaux. Plus largement la population est
dessaisie, les affaires du monde qui concernent l’ensemble de la
population sont tranchées par une minorité de décideurs économiques et
politiques dans les conseils d’administration des firmes
transnationales, par les marchés financiers, les institutions
internationales comme le FMI ou l’OMC qui toutes sont aux mains de
l’oligarchie capitaliste mondiale. En Europe, le fonctionnement même de
l’Union européenne est en recul vis-à-vis des standards démocratiques
européens nés aux XVIIIe et XIXe siècles. L’adoption du traité de
Lisbonne est en ce sens parfaitement révélateur de cette confiscation du
pouvoir. Dans les États, et en France en particulier, la concentration
du pouvoir se renforce tandis que d’éventuels contre-pouvoirs (médias,
justice) voient leurs marges de manœuvre réduites. La diminution des
libertés publiques, la remise en cause du droit syndical, l’arsenal
répressif envers l’immigration, les politiques ultra-sécuritaires,
accompagnent la régression sociale. Avec leur cortège de discours et
d’actes xénophobes et racistes inspirés de l’extrême droite.
> Le droit de décider
et de contrôler !
Le combat social et le combat démocratique sont donc liés. Il s’agit
de défendre les droits démocratiques et de considérer qu’une rupture
avec le capitalisme nécessite aussi de nouvelles conquêtes démocratiques
permettant aux travailleurs et à la population de s’emparer de leur
destin. Défendre les droits des travailleurs et de leurs organisations
syndicales, les droits des jeunes et des sans-papiers, des migrants,
participe de ce combat. Nous voulons développer et conquérir tout ce qui
permet aux travailleurs et à la population d’intervenir directement
dans la gestion de la société, dans les entreprises, les services
publics, les collectivités publiques.
Cela implique d’imposer la levée des différents secrets bancaires ou
commerciaux qui structurent l’économie de marché, de développer le
contrôle des salariés sur les principales décisions concernant
l’organisation du travail et de la production, de faire trancher
directement par la population elle-même à l’échelle du problème posé
(local, national, européen…) les principales décisions engageant
l’avenir de la collectivité.
Une démocratie politique élargie implique de rompre avec les
institutions de la Ve République et leur hyper présidentialisme, de
supprimer la fonction présidentielle. De revendiquer la proportionnelle
intégrale, l’élection d’une Assemblée constituante, la suppression de
toutes les instances qui comme le Sénat ou le Conseil constitutionnel
confisque encore plus la démocratie. D’établir une rotation et une
limitation stricte des mandats, la parité réelle dans tout corps élu. De
développer une citoyenneté complète de résidents-travailleurs basé sur
le droit du sol intégral. Ces nouvelles conquêtes démocratiques ne
peuvent se penser sans des mobilisations profondes, émancipatrices,
inventant de nouvelles formes de pratiques démocratiques répondant aux
défis du monde d’aujourd’hui.
Garantir à la population des conditions de vie décentes débouche sur
une réorganisation de la production, de la distribution et de la
consommation, de l’administration. Elle nécessite un bouleversement
démocratique, l’organisation de la population pour qu’elle soit en
mesure d’assurer son contrôle à tous les niveaux de la vie économique et
sociale. Ce bouleversement signifie une rupture avec des institutions
vouées à la défense des classes privilégiées, la mise en place à travers
les mobilisations sociales et politiques qui naîtront de
l’approfondissement de la crise, d’un gouvernement issu de ces
mobilisations, placé sous leur contrôle, capable enfin d’imposer
l’interdiction des licenciements et le droit à un emploi stable comme un
droit social fondamental pour toutes et tous. Ce gouvernement sera
l’instrument d’une réorganisation radicale de la société dont l’objectif
sera de mettre la production et l’ensemble des activités humaines au
service de la population et non d’une minorité parasite.
> Coordonner les luttes au niveau européen
pour construire une Europe des travailleurs
et des peuples !
Dans toute l’Europe est posée la nécessité de traduire concrètement,
dans une série de mesures d’urgence, le mot d’ordre des manifestations
grecques : «ce n’est pas aux travailleurs et aux peuples de payer la
crise, c’est aux capitalistes!» Le rejet des plans d’austérité doit
s’accompagner d’une politique d’ensemble qui s’attaque à la logique
capitaliste, propose une autre répartition des richesses et n’hésite pas
à remettre en cause la propriété capitaliste. C’est avec cette
perspective politique que nous travaillons à la convergence et à
l’unification des luttes par-delà les frontières, en collaboration avec
les différentes forces anticapitalistes européennes.
Ces propositions exigent la rupture avec l’Union européenne actuelle.
Mais l’Europe est bien la bonne échelle pour avancer des solutions à la
crise. C’est à ce niveau que doit se déployer un projet de coopération
étroite dans la mise en commun des ressources humaines et technologiques
au service des besoins sociaux, des projets industriels, des
innovations portées par les économies d’énergies, la substitution vers
les énergies renouvelables et la protection de l’environnement, de
nouvelles relations avec les peuples du Sud. Mais cela ne peut se faire
dans le cadre de l’Union européenne qui est fondée sur la «concurrence
libre et non faussée» des capitaux et la recherche du profit maximum.
Cela ne peut se faire non plus dans le cadre de replis nationaux, même
si la lutte peut commencer sur le plan national en y ouvrant des brèches
dans la domination capitaliste. Il faut une réponse européenne à la
crise, en rupture avec l’UE. La crise exige des solutions radicales sur
le plan socio-économique et écologique comme sur le plan démocratique.
Il faut mettre à bas le type de construction européenne faite à ce jour,
rejeter les traités européens, démanteler les institutions actuelles
pour ouvrir un processus constituant pour une nouvelle Europe des
travailleurs et des peuples.
> Contre le militarisme et l’impérialisme,
pour la coopération des peuples !
Alors que tous les gouvernements prêchent et imposent rigueur et
austérité à la population, les dépenses militaires, ce gaspillage
éhonté, ne cessent de progresser. Le développement de l’économie de
marché et du libéralisme à l’échelle mondiale à un niveau jamais vu
s’accompagne d’une montée du militarisme, du maintien du monde dans un
état de guerre chronique. Pour s’assurer le contrôle des sources
d’approvisionnement en matières premières, en pétrole, comme celui des
circuits des échanges, pour maintenir leur domination contre les peuples
et tenter de préserver un équilibre mondial, que leur politique
déstabilise en permanence, les USA et leurs alliés regroupés dans le
cadre de l’OTAN accroissent leur pression militaire. Au cœur de cet
affrontement, l’Afghanistan est le théâtre d’une guerre sans fin, comme
encore en Irak ou au Moyen-Orient contre le peuple palestinien.
Nous ne voulons pas payer pour leurs guerres impérialistes, nous
voulons mettre fin à ce gaspillage humain et à ces destructions. Nous
plaçons au cœur de notre combat la lutte contre la guerre, pour le
retrait de toutes les troupes d’Afghanistan, pour une paix démocratique
qui respecte le droit des peuples. L’Europe qui naîtra de la convergence
des luttes sera une Europe de la paix, une Europe de la coopération des
peuples pour mettre fin au militarisme.
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